Autour d'une
naine rouge – le type d'étoiles le plus fréquent et dont la luminosité
est faible –, la zone d'habitabilité est si proche de l'astre que les
planètes qui se trouveraient sur son bord interne doivent généralement
finir par tourner en rotation synchrone. Avec une même face
continûment exposée à l'étoile, le climat serait-il vivable ? Une
atmosphère pourrait les rendre hospitalières, affirme une étude. De
quoi doubler le nombre de planètes habitables autour des naines rouges
de la Voie lactée !
Une comparaison du Système solaire avec celui de la naine rouge Gliese 581. En abscisse sont portées les distances à l’étoile (distance from star) en unités astronomiques (UA), et en ordonnée les masses des deux étoiles (mass of star).
En bleu clair est indiquée la zone d'habitabilité (ZH) minimale, et en
bleu foncé celle d'habitabilité maximale, compte tenu de diverses
incertitudes. L'une de ces incertitudes concerne l'influence d'une
couverture nuageuse pour les exoplanètes en rotation synchrone au bord
de la ZH minimale.
La couverture nuageuse de la Terre joue un rôle important en favorisant l’habitabilité de notre planète. Inversement, celle de Vénus la rend totalement inhospitalière, même si sa proximité avec le Soleil lui interdit à elle seule l’eau liquide. On ne peut pas exclure qu’un emballement de l’effet de serre similaire à celui de Vénus puisse se produire sur des superterres comme celles que l’on découvre dans la zone d’habitabilité des naines rouges.
On sait aussi que Mars serait habitable si sa taille et son champ
magnétique étaient plus importants, de sorte que la Planète rouge soit
capable de retenir durablement une atmosphère.
Les exobiologistes se préoccupent donc depuis un certain temps d’étudier l’effet de l’atmosphère des exoplanètes
sur leur habitabilité. Des chercheurs de l'université de Chicago et de
l'université Northwestern viennent d’ailleurs de publier un article sur arxiv dans
lequel ils abordent la question de l’habitabilité de planètes si
proches d’une naine rouge qu’elles se retrouvent en rotation synchrone. Dans cette situation, qui est celle de la Lune autour de la Terre, la planète présente toujours la même face à son étoile.
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http://www.youtube.com/watch?v=zafynT3BMPY&feature=player_embedded
Pourquoi peut-on croire que la vie existe ailleurs dans l'univers ? La réponse d’Hubert Reeves.
Nuages qui refroidissent des exoterres
Comment cette absence de succession des jours et des
nuits peut-elle affecter les transports de chaleur et de matière dans
l’atmosphère ? Si d'importantes quantités d’eau liquide existent à un moment de l'histoire de ces exoplanète, à quels phénomènes peut-on s'attendre en présence d’une couverture nuageuse provenant de l’évaporation des océans ?
Pour le savoir, les chercheurs ont réalisé des
simulations réalistes du climat de ce genre d'exoplanètes, en tenant
compte en 3D du comportement des nuages et de leur capacité à réfléchir
et à absorber les rayonnements issus de l’étoile ou du sol de l’exoplanète. Le nombre de calculs à effectuer est énorme et l'équipe a dû faire travailler durant des mois une grappe de serveurs (que l’on appelle encore une ferme de calcul, ou computer cluster en anglais) comptant 216 ordinateurs.
Les simulations effectuées n’étaient pas sans
rappeler celles réalisées pour étudier le climat terrestre sur de
grandes échelles de temps. Elles ont montré que la formation des nuages
avait un rôle important dans le refroidissement de certaines exoplanètes
en rotation synchrone autour des naines rouges. La conclusion finale
des travaux des astrophysiciens est que le nombre d’exoplanètes
habitables dans la Voie lactée a doublé. Elles pourraient être 60 milliards.

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